Il y a des histoires qu’on n’invente pas. On les reçoit.
Depuis 1986, quelque chose a changé dans ma façon de percevoir le monde. Pas de manière spectaculaire — pas d’apparition, pas de révélation foudroyante. Plutôt une acuité nouvelle, progressive, comme des yeux qui s’habituent à l’obscurité et commencent à distinguer des formes là où les autres ne voient que le vide. Des forces. Des courants. Des présences qui traversent le quotidien sans que personne n’t en parle, parce que personne ne sait vraiment comment les nommer.
Pendant des années, j’ai cherché à comprendre ce que je percevais. La science spirituelle, la pensée rosicrucienne, l’enseignement de Rudolf Steiner — tout cela m’a donné un cadre, un langage intérieur pour identifier ces forces et saisir leur rôle dans le grand théâtre de l’existence. Ce n’est pas une croyance que j’ai adoptée. C’est une reconnaissance. Comme mettre enfin un nom sur quelque chose que l’on sait depuis toujours.
À un moment, cette connaissance est devenue trop grande pour rester silencieuse. Pas assez pour un essai — je ne suis pas philosophe. Mais assez pour une histoire.

Malkan, c’est un peu moi — sans son courage
Malkan est né de là. Il est le jeune homme que j’aurais voulu être quand ces perceptions ont commencé à m’envahir : quelqu’un qui ne fuit pas, qui avance, qui traverse les étapes de l’initiation avec une détermination que je n’avais pas à l’époque. Il porte mes ressentis, mes questionnements, ma compréhension des forces occultes — mais romanesquement, dans un monde dystopique de 2165 où ces enjeux prennent une ampleur cosmique.
Car c’est là l’essentiel de ce que je voulais transmettre : il existe des forces au-delà de notre perception. La Terre est un théâtre — un théâtre d’enjeux qui dépassent l’humanité, qui impliquent des univers entiers. Et la liberté, la vraie, ne se reçoit pas. Elle se gagne. Dans une bataille gigantesque, invisible pour beaucoup, mais bien réelle.

Écrire sans trahir
Le défi le plus difficile dans l’écriture de ce roman n’a pas été l’intrigue. C’est la voix.
Je connais la dystopie dans son ensemble. Je sais où elle doit aboutir — même si les livres suivants ne sont pas encore écrits, ils vivent en moi. Mais raconter cette histoire, c’est refuser d’être l’auteur qui explique. C’est rester au niveau de Malkan, pas au-dessus. Voir ce qu’il voit, ressentir ce qu’il ressent, découvrir pas à pas avec lui — sans jamais lui souffler la réponse.
Il ne voit pas des forces ésotériques. Il sent le froid. Il perçoit des ombres. Il ressent une chaleur étrange dans sa poitrine. C’est le lecteur qui, progressivement, comprendra ce que tout cela signifie. Pas parce que je l’explique — mais parce qu’il le vit.
C’est un exercice d’une exigence rare. Et c’est, je crois, ce qui fait la différence entre un roman qui se lit et un roman qui se ressent.
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